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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 20:02

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Lundi matin

-Ecole Jean Rostand

Lundi après-midi

-Réunion des chefs de services (Mairie)

-Préparation séminaire des élus (Mairie)

-Réunion élections cantonales « Cap 2010 » (Tonneins)

Mardi matin

-Bureau Syndicat Mixte (Moncaut)

Mardi après-midi

-Réunion veille sociale (Mairie)

-Rendez-vous représentants du personnel (Mairie)

-Réunion Plan Local d’Urbanisme (Mairie)

-Réunion de la majorité municipale (Mairie)

Mercredi

-Absent (Privé)

Jeudi

-Absent (Privé)

Vendredi matin

-Comité de pilotage 100 ans de la FOL (Mairie)

Samedi

-Séminaire des élus de la majorité (Puy-Fort-Eguille)

 

 

blog1.gifVendredi dernier a eu lieu à l’école nationale supérieure d’architecture et de patrimoine et de paysage de Bordeaux une rencontre-débat sur le thème « Protection…oui mais après ? » Je suis intervenu avec Samuel Coupey de l’agence Casals qui a réalisé l’étude historique et le plan de gestion de la Garenne sur la question « Une commune face à un patrimoine d’intérêt national : les questionnements des élus. »

Voici mon intervention :

 

La Ville de Nérac est la plus petite des trois sous-préfectures du Lot-et-Garonne, avec 7500 habitants. Son budget s’élève à environ 7,5 millions d’€ en fonctionnement et varie entre 3 et 7 millions en investissement. Si je commence mon intervention par des éléments financiers, c’est bien parce qu’ils sont au cœur de notre problématique.

Le patrimoine architectural et paysager de Nérac est particulièrement riche, puisque la ville compte plusieurs Monuments Historiques sur son territoire, dont sept monuments classés entièrement, trois qui le sont en partie, et deux sites classés (d’autres étant inscrits à l’Inventaire Supplémentaire).

Nérac a connu une alternance politique en 2008, la première depuis 1983.

Dans le domaine du patrimoine comme dans d’autres domaines, l’équipe municipale actuelle a repris certains projets initiés par la précédente municipalité tout en mettant en œuvre les siens.

Aujourd’hui, nous traversons une période un peu compliquée de mise en ordre et en cohérence des divers dispositifs et projets.

En effet, depuis le mois de décembre 2008, Nérac est le 100ème secteur sauvegardé de France, qui couvre les 33 ha du centre ville et 1260 parcelles.

En 2007, la précédente municipalité avait lancé une révision du POS en PLU, qui n’est à ce jour pas achevée.

En 2009 a été commandée l’étude qui vous a été présentée il y a quelques instants par Samuel Coupey.

Pour finir, la Ville de Nérac a déposé un dossier de candidature au dispositif des Sites Majeurs d’Aquitaine pour le Château et la Garenne, suite à l’abandon d’un projet d’aménagement d’un bâtiment d’accueil et de médiation au Château-musée.

 

Alors comment en sommes-nous arrivés là et où allons-nous ?

 

Les sujets qui nous occupent aujourd’hui, à savoir la mise en place d’un plan de gestion pour le parc et les jardins royaux de Nérac, ainsi que la candidature de la ville au dispositif des Sites Majeurs d’Aquitaine sont nés de tensions entre les services de l’Etat et la commune pour l’un et d’un échec culturel et patrimonial pour l’autre.

 

Commençons par l’étude présentée par Samuel Coupey.

 

En 2007, la précédente municipalité avait lancé le projet d’une passerelle cyclo-piétonne enjambant la Baïse au cœur de la Garenne, au niveau du Kiosque et du Chalet, dans le cadre d’un financement PER (Pôle d’Excellence Rurale).

Cette passerelle avait pour but de créer un cheminement rive droite / rive gauche alors que sans passerelle, les promeneurs faisaient des aller-retour d’un côté ou de l’autre.

Les élections de 2008 sont arrivées durant la phase d’instruction de ce dossier. J’ai manifesté à la suite du renouvellement électoral ma volonté de poursuivre ce projet, volonté qui ne s’appuyait pas sur une réflexion historique ou patrimoniale de ma part mais sur une connaissance fonctionnelle et humaine du lieu. La DREAL et le STAP qui portaient tous deux alors un autre nom étaient plus que réservés sur ce projet. L’accord a été trouvé lorsque la mairie s’est engagée à accepter une étude paysagère et historique non seulement de la garenne mais aussi des anciens « Jardins du Roy ». C’est avec intérêt et soulagement que j’ai lu le cahier des charges de cette étude, parce qu’il correspondait à une véritable nécessité sur ce site. Le travail mené par Samuel Coupey et son équipe a été à la hauteur des attentes et des enjeux.

Dans le même temps, la Passerelle a vu le jour. Elle est un succès populaire incontestable qui ne se dément pas plus d’un an après sa mise en place. Elle est aussi selon moi, une réussite patrimoniale, même si les abords restent à traiter de façon satisfaisante. L’étude quant à elle a été rendue en juin 2010 et nous donne des perspectives qui vous ont été présentées, perspectives qui sont partagées à la fois par la municipalité, la DREAL et le STAP, même s’il y a eu quelques points de crispation, aujourd’hui résolus. Je pense notamment à la volonté municipale d’implanter des jardins familiaux rive gauche, au cœur du site étudié.

Au-delà de ses qualités et des perspectives qu’elle ouvre, cette étude a confirmé le lien étroit entre le site classé de la Garenne, les anciens jardins rive gauche, et le Château, lien qui aujourd’hui n’est plus évident compte tenu des évolutions urbaines notamment du XIXème siècle.

 

Cela nous amène à l’échec dont je parlais il y a quelques instants concernant le Château.

 

Après une étude historique et archéologique de qualité, la précédente municipalité avait lancé un projet architectural qui consistait à créer un bâtiment d’accueil du public et de médiation en lieu et place d’un ancien cinéma jouxtant le Château. Là encore, les élections de 2008 sont arrivées au moment du lancement du concours d’architecte sur ce projet. Le concours a eu lieu en juillet 2008. Le projet retenu, très contemporain, avait l’avantage de donner une identité très forte à ce site et de l’ancrer clairement dans son époque. J’ai porté ce projet à bout de bras, avec la foi du charbonnier, et avec à mes côtés une majorité municipale globalement plus résignée qu’enthousiaste sur ce sujet.

De plus, je n’avais pas en interne, dans mes services, une structure technique suffisamment solide pour accompagner un tel projet et en gérer les difficultés.

Plus le temps passait, plus il apparaissait que financièrement nous ne tiendrions pas dans l’enveloppe initiale, sans compter toutes les difficultés liées à la mitoyenneté avec un bâtiment classé comme le Château. Pour achever de compliquer le contexte, nous étions tenus par les délais en raison d’une subvention PER à laquelle nous n’étions plus éligibles au-delà d’une certaine date.

Autant j’étais prêt à assumer l’impopularité d’un projet architectural qui bousculait les habitudes locales, autant je n’étais pas prêt à mettre en péril financier une commune dont les habitants venaient de me faire confiance. Après quelques nuits sans sommeil, j’ai souhaité que la décision de ne pas donner suite à ce projet soit prise uniquement par les élus, sans interférence de quelque service que ce soit, ce qui a été fait après une longue soirée de débat.

Ce projet était très soutenu par le STAP, la DRAC et la Préfecture. Son arrêt a eu l’effet d’un mini tremblement de terre. J’ai reçu alors un coup de téléphone d’un de ces services, qui oscillait entre l’ironie et le mépris, pour savoir si nous envisagions aussi de stopper la procédure de Secteur Sauvegardé sous entendu « quitte à être des barbares, autant l’être jusqu’au bout ».

Il était évident que l’image sinon de Nérac au moins de la municipalité était atteinte.

Bien que les élus ne tirent pas leur légitimité de services de l’Etat, nous ne pouvions pas en rester là.

 

Nous étions face à un projet architectural stoppé au Château, une étude et un plan de gestion de la Garenne et des jardins du Roy qui soulevait des enjeux importants. Cette étude confirmait de plus l’unité de réflexion qui doit être menée sur ces deux sites.

Ajoutons que nous avons une commune qui en plus de ne pas être naturellement riche, subit comme toutes les collectivités le contexte actuel, contexte auquel s’ajoutent les engagements financiers que j’ai pris sur une stabilité fiscale durant le mandat et une maîtrise stricte de la dette. Les marges de manœuvre financières sont donc étroites, face à un enjeu patrimonial important.

 

A ce stade de notre réflexion et compte tenu de la situation, il nous a semblé intéressant de positionner Nérac sur le dispositif des Sites Majeurs d’Aquitaine, et dans ce cadre d’adopter une méthodologie complète de projet. Le dossier a été déposé en septembre 2010 et le Conseil Régional se prononcera dans quelques jours.

 

Concernant le Château, notre candidature prévoit :

-la prise en compte exhaustive de toutes les contraintes de conservation ;

-la mise en œuvre d’une scénographie en cohérence avec l’identité du château, centrée sur l’histoire de la famille d’Albret ;

-la structuration d’un bâtiment d’accueil et des services de confort indispensables.

 

Concernant les jardins royaux de Nérac, il conviendra :

-d’apporter toutes les garanties de connaissance et de conservation de ces espaces de prestige ;

- de mettre en œuvre les éléments de restauration indispensables ;

- d’en privilégier l’accès pour les visiteurs et la cohérence

fonctionnelle avec le château.

 

Le fait de se projeter à moyen terme n’empêche ni les actions immédiates, ni une réflexion à plus longue échéance. Pour l’immédiat, le Conseil général a voté en 2010 un crédit de 240 000 € pour la restauration des berges de la Baïse avec des techniques douces sur la partie Garenne / Jardins royaux. Aussi la municipalité s’est lancée dans une politique d’acquisitions foncières rive gauche qui dans quelques années devrait permettre à la collectivité de maîtriser l’essentiel des anciens jardins. En moins de trois ans, nous avons acheté 5 parcelles, et tous les propriétaires sont au courant du fait que nous sommes potentiellement acquéreurs.

 

Mais finalement, la seule vraie question qui se pose est celle de l’échelon pertinent pour gérer un tel patrimoine. Dès maintenant et pour préparer l’après Site Majeur 2011-2013, étant donné que la culture et le tourisme ne sont pas concernés par la suppression de la clause de compétence générale, il faudra réfléchir en Lot-et-Garonne à un projet que j’essaye de diffuser depuis quelques temps.

En effet, le Lot-et-Garonne est un des rares départements à ne pas avoir de site patrimonial et culturel en gestion directe. Il y a dans ce département trois châteaux d’intérêt majeur, de trois époques différentes, disposés harmonieusement sur le territoire : Nérac, Bonaguil et Duras. Il y a là mon sens quelque chose d’intelligent et de porteur à inventer. Ce n’est pas une façon de se décharger du dossier, c’est une façon de réfléchir à une mise en adéquation de la « force de frappe » et des enjeux qui se présentent à nous.

C’est ce à quoi je vais demander de réfléchir au service patrimoine du Conseil Général, convaincu que seule Nérac ne saurait être à la hauteur de son patrimoine.

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