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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 21:56

hotel-de-ville.jpgVoici mes interventions lors du conseil municipal de ce soir sur la CCVA et le référendum sur la vidéoprotection :

 

CCVA

 

Mes chers collègues, Mesdames, Messieurs,

 

Vous me permettrez de commencer cette séance en m’exprimant sur l’actualité politique de l’Albret, qui depuis quelques semaines est malheureusement riche.

La Communauté de Communes du Val d’Albret voit enfin se profiler la fin d’une crise qui la secoue depuis plusieurs semaines.

Il me semble important de revenir brièvement sur la chronologie des faits afin de bien comprendre comment nous avons pu en arriver là.

L’étincelle qui a mis le feu aux poudres est une note écrite par Bernard Faucon-Lambert, au départ uniquement destinée à ses vice-présidents, dans laquelle au moyen d’un vocabulaire plus que rugueux il attaquait un certain nombre d’élus de droite du Val d’Albret. Lorsque cette note a été rendue publique et après qu’il a envoyé un courrier d’explications aux élus de la CCVA, je lui ai envoyé un mail pour lui faire part de mon malaise face à cette situation, malaise auquel il a répondu par sa démission de sa délégation d’adjoint aux finances à Nérac. J’ai appris cette démission par personne interposée d’abord, par texto ensuite puis enfin par courrier.

S’en est suivi le conseil communautaire du 19 octobre qui n’a duré que quelques minutes.

Le 21 octobre, Bernard Faucon-Lambert a tenu une conférence de presse durant laquelle il a annoncé un conseil communautaire pour le 2 novembre où serait posée la question de confiance.

Ce vote de confiance a eu lieu lors d’une séance désordonnée et le résultat a été sans appel : 45 voix contre la confiance, 9 pour et un bulletin blanc.

Avant cette crise, l’opposition au sein de la CCVA avait du mal à supporter le style atypique du Président. Mais peu mobilisée, elle votait la quasi totalité des délibérations. Cette situation aurait probablement pu perdurer, bon an mal an jusqu’au terme du mandat.

Mais la situation a changé : la diffusion de cette note fin septembre a donné à ses opposants des raisons factuelles et justifiées de mener un combat plus offensif, tout en mettant terriblement mal à l’aise ses soutiens. Bernard Faucon-Lambert aurait du présenter de véritables excuses publiques après avoir reçu individuellement les personnes mises en cause. Mais au lieu de cela, il a enchainé les erreurs politiques sans donner à aucun moment les moyens à ceux qui l’avaient soutenu jusque là, dont moi, de le soutenir encore.

Dans la dernière conférence de presse qu’il a tenue, publiée samedi dernier par La Dépêche et Sud-Ouest, Bernard Faucon-Lambert a annoncé sa démission de la Présidence de la CCVA pour cette semaine et m’a mis en cause de façon mensongère. Il a interprété abusivement le mail que je lui ai envoyé au début de cette crise, mail qui avait pour seul but de lui faire réaliser dans quelle situation nous nous trouvions. Alors, afin que chacun de vous se fasse une idée précise de son contenu, je le rends aujourd’hui public. Il vous sera distribué à la fin de mon intervention. Bien évidemment, les élus de la majorité l’ont en leur possession depuis son envoi.

Chacun fera le tri dans ce qui a été dit et écrit durant toute cette période, mais je souhaite pour ma part revenir sur un point qui m’a profondément blessé dans les propos de Bernard Faucon-Lambert. Dans sa dernière conférence de presse, il dit en parlant de moi : « L’entente avec Alain Lorenzelli est patente et je lui accorde le droit de changer d’alliance politique ». Il traduit par cette phrase son idée de complot allant de la droite au Parti Communiste en passant par le Parti Socialiste, complot dont je serais à la fois l’artisan, le pivot et le bénéficiaire.

Cette accusation est inacceptable car elle met en doute près de 20 ans de militantisme et plus de 15 ans d’engagement électoral à Nérac. Je veux lui dire qu’à une époque où il n’était pas encore arrivé en Albret, j’étais déjà élu au conseil municipal et que j’avais face à moi les mêmes adversaires qu’aujourd’hui. Certains sont encore présents autour de cette table. Moi, je n’ai jamais changé de parti politique et je n’ai pas l’intention de le faire aujourd’hui.

 Je veux lui dire aussi que si je me suis engagé en politique à Nérac, c’est par passion pour une ville pas comme les autres, où j’ai mes racines, une ville dont je connais l’Histoire, la richesse humaine, les traditions, les paysages.

Et cet engagement s’est fait à gauche, pas seulement par tradition familiale, mais parce que je crois que la société et l’économie ne se régulent pas seules et qu’elles nécessitent une intervention publique forte pour que chacun puisse trouver sa place.

Même s’ils ont été prononcés par un homme politiquement aux abois, je le redis, ces propos m’ont profondément affecté, d’autant plus que Bernard Faucon-Lambert a été un ami avec lequel j’ai partagé beaucoup de moments importants.

Il nous faut maintenant envisager la suite. Il y aura très bientôt une réunion des 16 maires de la CCVA, des vice-présidents sortants et des conseillers généraux concernés afin de proposer un élu qui assumera la Présidence jusqu’au terme du mandat.

Ce nouveau Président aura à mettre en place une gouvernance plus consensuelle, accompagné par un bureau où toutes les sensibilités politiques seront représentées, comme cela se fait partout ailleurs.

Bien évidemment, ce nouvel exécutif devra assumer les compétences qui sont la raison même d’exister des communautés de communes, qui sont des communautés de moyens et probablement rien que cela, ce qui est déjà beaucoup.

Et puis ce nouvel exécutif aura à préparer ce qu’il est maintenant coutumier d’appeler le « Grand Albret ». Il existe actuellement trois communautés de communes sur l’Albret, qui exercent sensiblement les mêmes compétences. Au moment où l’Agenais, le Marmandais et le Villeneuvois se structurent, l’Albret a lui aussi sa carte à jouer.

Je pense qu’il faut aujourd’hui annoncer dans le schéma départemental de coopération intercommunale notre volonté d’aller vers ce périmètre, puis de prendre le temps de la concertation et de la pédagogie afin d’être prêts pour 2014.

Le calendrier du schéma départemental est aujourd’hui trop rigide, mais le ministre Philippe Richert a annoncé des assouplissements à venir : pendant le délai de mise en œuvre de ces schémas, en 2012 et 2013, des améliorations et des rectifications seront possibles. Le ministre n’a pas non plus exclu de trouver une solution législative pour maintenir la gouvernance actuelle des EPCI jusqu’en 2014. Enfin, il est de plus en plus probable que la clause de revoyure des schémas sera fixée à 2015 et non plus 2018. Ces assouplissements sont souhaitables.

Je crois qu’il y a là quelques pistes de travail qui pourront rencontrer l’assentiment de tous.

Pour conclure sur ce sujet, je puis vous dire que je n’ai pris aucun plaisir durant les semaines écoulées dans les événements que nous avons vécus. Mais je tiens à remercier chaleureusement chaque élu de la majorité municipale, majorité qui a été informée au jour le jour de l’évolution de cette crise. Vous avez été chacun un soutien qui m’a fait chaud au cœur. Permettez-moi de vous en remercier.

 

Référendum

 

Dimanche dernier a eu lieu dans notre commune un référendum décisionnel dont l’objet était de soumettre aux Néracais un projet de vidéoprotection de 7 caméras dans notre ville, sans centre de supervision.

1658 Néracais se sont déplacés et le NON l’a emporté avec près de 59% des voix.

Ce scrutin était un référendum décisionnel, qui, justement pour être décisionnel devait rassembler 50% des électeurs inscrits.

Il n’y a pas eu 50% des électeurs inscrits qui se sont déplacés dans les bureaux de votes.

Cependant, considérant que les 1658 électeurs qui se sont venus sont représentatifs de la population et face à l’ampleur du NON, la majorité municipale a décidé de s’en tenir à ces résultats et d’abandonner le projet de vidéoprotection.

Nous avions, je vous le rappelle, choisi de procéder par voie référendaire pour trois raisons :

-Ce projet n’était pas à notre programme et a surgi dans le débat public en 2010.

-Le coût d’installation de ces sept caméras se serait élevé à 230 000 €, certes subventionnées à hauteur de 20 à 50% par l’Etat. Mais le résiduel restait important pour la commune.

-Enfin, ce sujet suscitait des débats justifiés dans la population, et au sein même de chaque côté de l’échiquier politique.

Afin que la question ne se transforme pas en référendum pro ou anti municipalité, les élus de la majorité ont fait le choix de ne pas prendre position publiquement sur le sujet. C’est pourquoi, l’affiche que nous avons faite apposer incitait seulement à participer au vote.

La première partie de l’année a été consacrée à l’organisation de ce référendum  annoncé lors de mes vœux en janvier, puis délibéré en juillet. Un dossier d’information a été mis à la disposition du public en Mairie et sur le site internet de la Ville. La presse a relayé l’information. Des panneaux électoraux ont été installés où l’expression a été libre. Enfin, chaque électeur a reçu en plus du matériel de vote, la délibération et une note d’information.

Aujourd’hui, je suis fier d’avoir organisé ce référendum.

Mais dans cette affaire, je regrette les choix de l’opposition municipale. Au mois de juillet, Monsieur Dalies nous disait : « Il n’est pas utile d’organiser un référendum sur ce sujet, toutes les sondages montrent que 70% des Français sont favorables à la vidéoprotection. » Au regard du résultat néracais, je ne ferai pas de commentaire....

Plus gênant que cela, c’est le choix que vous avez fait de ne pas participer au scrutin. Quand on vit une période où le civisme recule, des élus qui ne participent pas à un scrutin organisé de la façon la plus exigeante qui soit, et qui par là-même incitent leur électorat à en faire de même, et bien ce n’est pas responsable. Vous avez donné là un bien mauvais exemple à nos concitoyens. Mais ce choix vous appartient.

Alors, au final, que conclure des résultats de ce referendum ? Les Néracais ne veulent pas de la vidéoprotection telle qu’elle est possible à Nérac. Cela ne veut bien évidemment pas dire qu’ils ne veulent pas de sécurité pour eux-mêmes, pour leurs proches et pour leurs biens.

Il existe déjà des dispositifs à Nérac : la présence d’une brigade de Gendarmerie dont l’efficacité est incontestable, un service de Police Municipale, une convention de mutualisation entre les deux, l’opération tranquillité vacances, etc.  Les chiffres de la délinquance à Nérac ne montrent pas une situation d’une grande gravité, mais dans la vie de nos concitoyens, ce sont les incivilités du quotidien qui peuvent donner parfois ce sentiment d’insécurité que je ne nie pas. Dans les semaines qui viennent, je proposerai avec Monsieur le Sous-Préfet, dans le cadre du Conseil Intercommunal pour la Sécurité et la Prévention de la Délinquance des actions concrètes, probablement moins spectaculaires et médiatiques que des caméras et qui auront pour but d’améliorer cette situation.

Et puis pour conclure, je ferai le vœu, mais là ce sera un des enjeux de 2012, que les forces de sécurité de l’Etat ne voient pas leurs effectifs se réduire comme peau de chagrin, afin qu’un colonel de gendarmerie, devant cette même assemblée, ne puisse plus nous dire que les Gendarmes deviennent « une denrée rare ».

 

 

 

 

 

 

 

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