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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 09:15

Dans la gestion municipale courante – je ne parle pas des « grands » projets - les années se suivent et se ressemblent pour un bon fonctionnement général de la collectivité.

Mais parfois, un grain de sable se cale dans l’engrenage et la machine se grippe.

C’est le cas cette année concernant la répartition des horaires et des espaces dans certains équipements sportifs, plus précisément concernant le gymnase Dieulivol.

Nérac a la chance de compter 120 associations, dont plus de 40 associations sportives, attirant des adhérents de toutes les communes alentour. Ces associations bénéficient pour la plupart gratuitement des équipements publics mis à leur disposition et entretenus grâce aux impôts prélevés sur les seuls Néracais. Les équipements sportifs et culturels de Nérac sont ceux d’une ville de 15 000 habitants alors qu’elle n’en compte que la moitié. On pourrait donc croire que toutes les associations sont heureuses de cette « opulence », de tous ces équipements qu’elles ne trouveraient pas dans beaucoup d’autres communes de la taille de Nérac. C’est très majoritairement le cas. Mais pas totalement.

Depuis la fin du printemps, nous essayons de trouver une « sortie de crise » entre l’USG (la gymnastique), les arts martiaux (Krav Maga, Karaté, Aïkido) et les Archers du Roy utilisant tous le gymnase Dieulivol d’une superficie de 600 m2, avec un tatami installé à demeure, ainsi qu’un praticable et des agrès de gymnastique.

Depuis longtemps des tensions existent entre ces associations, avec par moment des « pics » qui aboutissent à une réunion dans mon bureau ou avec mon adjoint aux sports. Mais grosso modo, les choses se passaient, même s’il était évident qu’un jour cela exploserait. Je reconnais que durant ces années, j’ai fait mienne la maxime d’Henri Queuille (lointain prédécesseur de Jacques Chirac et de François Hollande à la présidence du conseil général de Corrèze !) selon laquelle « Il n’y a pas de problème qu’une absence de solution ne puisse résoudre ». Je me disais que de l’intelligence collective naitrait un consensus.

Tout cela aurait pu durer bon an mal an si le praticable de gymnastique n’avait rendu l’âme au bout de 20 ans de bons et loyaux services. Mais il a rendu l’âme… Qu’à cela ne tienne, nous allons le remplacer (30 000 € eux aussi payés par les contribuables néracais) ! Oui mais si on le remplace, il faut l’installer en entier (14 m x 14 m) alors qu’actuellement le praticable n’est pas installé en entier. Qu’à cela ne tienne, nous allons l’installer en entier. Oui mais si on l’installe en entier, il faut le changer de place dans le gymnase et réduire la surface de tatami. Qu’à cela ne tienne, on va réduire de quelques mètres carrés le tatami, il y a deux autres dojos sur la commune, plus un autre au lycée agricole que l’on peut utiliser. C’est royal, non ? Non ce n’est pas royal. C’est d’autant moins royal que si on inverse le tatami et le praticable, le bureau de la gymnastique va se trouver face au tatami et le futur bureau des arts martiaux va se trouver devant le praticable. Et c’est grave cela ? Oui c’est grave. C’est même très grave. Pourquoi c’est grave ? Parce-que c’est grave. Ah bon…

A ce moment-là, la machine est déjà bien bloquée et nous sommes entrés dans la 4ème dimension depuis longtemps. Un courrier d’anthologie m’arrive de la gymnastique d’un côté, un rendez-vous tendu avec les arts martiaux a lieu de l’autre, sans parler des interventions croisées des uns et des autres défendant des intérêts divergents auprès de différents interlocuteurs. Lors du gala de clôture de saison, les bénévoles de la gymnastique portent un T-shirt « Gymnastique en danger ». Ayant eu vent de l’existence de ce T-shirt qui me met hors de moi, je ne me rends pas à ce gala. Espérant toujours un sursaut d’intelligence collective, je suscite une rencontre entre tous les clubs concernés hors présence de la mairie. Résultat nul ou presque.

Je me dis alors qu’il est temps de faire preuve d’autorité comme en 2008 quand il avait fallu attribuer les créneaux horaires de la nouvelle salle d’arts martiaux tout juste livrée : il y avait eu du vent dans les voiles, j’en avais pris pour mon grade, puis les choses étaient rentrées dans l’ordre peu à peu.

En juillet, j’amène les élus du bureau municipal sur les lieux pendant plus d’une heure pour que chacun puisse avoir bien en tête la configuration des lieux au moment de la décision. Au cours de l’été une idée a priori lumineuse se fait jour : on déménage la gymnastique dans la salle d’arts martiaux qui devient alors salle de gymnastique et on fait une très grande salle d’arts martiaux dans le gymnase Dieulivol. Cela réglait tous les problèmes. Manque de chance, il manque 50 cm de hauteur à la salle d’arts martiaux pour être aux normes quand un gymnaste de plus de 1,70 m est sur la barre fixe avec les pieds en l’air ! Après un moment d’abattement profond, on fait chiffrer le décaissement d’une partie de la salle pour poser cet agrès. Solution technique finalement non retenue compte tenu du coût et des problèmes techniques et de sécurité qu’elle générerait. Retour au point de départ, avec en plus la rentrée qui approche.

Durant toute cette période, je me refuse à établir une hiérarchie de valeur entre les arguments des uns et des autres ; je les entends presque tous. Je me suis aussi refusé à établir une hiérarchie de valeur entre les associations. Je n’ai aucun élément pour dire que tel club est plus ou moins légitime que tel autre, même si chaque club croit qu’il est moins entendu qu’un autre.

 

Autant parfois il y a des solutions simples à des problèmes simples, autant là ce n’est pas le cas. Chaque élu de la commune ou technicien qui s’y est impliqué sans a priori comprend vite qu’il n’y a pas de solution binaire ou catégorique dans ce dossier.

Cette semaine, nous proposerons une solution, qui ne satisfera pleinement personne parce-que toute solution qui satisfait pleinement une association en pénalise lourdement une autre. Nous affinerons cela durant cette année afin d’avoir une situation pérenne à la rentrée 2015.

Dans l’intervalle, si les esprits ne s’apaisent pas, il ne me restera plus qu’à prendre un arrêté de fermeture de ce gymnase à l’utilisation associative et à le réserver aux établissements scolaires. Cette solution radicale, que je ne souhaite pas, permettra certainement à tous de voir qu’ils ne trouveront pas beaucoup mieux dans un rayon de 30 km autour de Nérac. Le T-shirt « gymnastique en danger » pourra alors servir de nouveau.

 

Dans cette histoire, la collectivité (avant et depuis notre élection en 2008) a eu le tort de laisser s’entasser trop de clubs dans un même lieu et a eu tort de croire en une possible responsabilité collective. Nous sommes en début de mandat et il est évident que nous en tirerons toutes les leçons.

 

Cet été, alors que les grandes villes de France commémoraient les 70 ans de leur Libération en 1944, j’ai entamé la relecture des Mémoires du Général de Gaulle que j’avais lues étant étudiant : « Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire autant que la raison. Ce qu’il y a en moi d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. ». Dès les premières lignes, la tonalité de l’œuvre est donnée. Derrière cette peinture magistrale de la seconde guerre mondiale, effectuée dans un style brillant apparaissent les joies du Général, ses déceptions, et sa philosophie de l'existence qui sous-tendent tout l'ouvrage. Il a, durant ces années peut-être les plus violentes de l’Histoire humaine incarné la France qui refuse la soumission. A aucun moment l’accessoire ne vient perturber l’objectif.

Il m’amuse alors de comparer les enjeux terribles auxquels avaient à faire face les acteurs de l’époque et ceux que j’ai à gérer en tant que maire d’une petite ville.

Je n’imprimerai pas ma marque dans l’histoire du Monde quand j’aurai réglé la question de l’occupation du gymnase Dieulivol à Nérac, mais ce soir après avoir lu quelques pages de ses Mémoires, grâce au Général de Gaulle, je m’endormirai en me rêvant chef des gymnases libérés de Nérac, œuvrant au ralliement des clubs sportifs néracais heureux et œuvrant à leur concorde dans une ville (trop) bien équipée…

Agenda du 8 au 14 septembre

Lundi matin

Ecole Jean Rostand

Lundi après-midi

Réunion des chefs de services CCVA (Maison Aunac)

Réunion des chefs de services Nérac (Mairie)

Réunion de la majorité municipale (Mairie)

Mardi matin

Absent (Privé)

Mardi après-midi

Absent (Privé)

Réunion parents/enseignants (Ecole Jean Rostand)

Mercredi matin

Rentrée facultés de langues (Agen)

Réunion @grinove (Maison Aunac)

Mercredi après-midi

Réunion commerce (Préfecture)

Réunion suivi des dossiers (Mairie)

Jeudi matin

Opération Evabus (Collège Henri de Navarre)

Réunions de travail CCVA (Maison Aunac)

Rendez-vous (Mairie)

Visite Collège Sainte-Claire

Jeudi après-midi

Ecole Jean Rostand

Réunion de travail Maison de Santé (Mairie)

Vendredi matin

Rendez-vous (Mairie)

Réunion de groupe (Conseil général)

Vendredi après-midi

Commission permanente (Conseil général)

Samedi matin

Forum des associations (Complexe sportif)

Samedi après-midi

Mariages (Mairie)

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commentaires

Gilles 08/09/2014 20:59

Avez vous pensé à installer le praticable au fond de la piscine ? moi cela me rappelle le livre de F De Closet " Toujours plus " , jamais contents car nourris entre entre droits et revendications.
Courage Nicolas.